Bonjour! Je m'appelle Audrey, j'ai 35 ans et je souffre d'une maladie étrange: une hyperactivité des glandes lacrymales! En gros: je suis une pleureuse, une chialeuse, une chouineuse...Je suis de ces filles qui ont du mal à retenir leurs larmes. C'est un fait! Je suis hypersensible mais surtout des glandes lacrymales. Un rien me tire les larmes. Ma petite puce qui fait sa première crotte dans le pot (alors que concrètement un étron ne provoque, en général, pas de larme mais plutôt un pincement de nez ou une grimace dégoûtée), une libération d'otages dans un pays en guerre, ou le réassort de ma friandise préférée au supermarché du coin. Je suis un peu gênée de ce mélange des genres mais c'est un fait avéré, vérifié. Mes yeux sont directement reliés à mon cortex cérébral.

Mais ce phénomène inexpliqué se trouve encore amplifié face à un écran quel qu'il soit: écran de téléviseur, écran d'ordinateur. (attention: grosses casseroles dedans) Hier, entre chien et loup, seule et abandonnée par mon chéri qui participait à un dîner professionnel (je rigole chéri ;-) ), je zappais de chaîne en chaîne, et je tombe sur une émission qui m'aurait laissé indifférente il y a encore quelques temps, voir même moqueuse: Le Grand Frère. Oui j'avoue: cette émission pique ma curiosité depuis que je suis maman. D'ailleurs en général, toutes les émissions où il est question d'autorité, d'éducation... Attention: qu'on ne me fasse pas dire ce que je n'ai pas dit. Ces émissions de télévision comme Super Nanny ou Le Grand Frère ne sont pas un manuel d'éducation, mais j'avoue que j'y trouve parfois des propositions et des idées pertinentes. Mais surtout, y voir les difficultés de communication qui s'étaient installées dans cette famille, y voir la violence qui gangrènait ce foyer, puis les scènes où le papa et son fiston font enfin un pas l'un vers l'autre, tout ça m'a soulagée de quelques quantités de larmes. Les vrais gens me font pleurer à la télé. Mais les films aussi. Quand je regarde une comédie romantique, ou un drame, et que je sens que les larment me montent, je me cache dans mon pyjama, mais franchement ça n'est jamais très discret. Alors quand c'est la fin de La Route de Madison, là c'est les chutes du Niagara dans mon salon! avec gros sanglots, mouchages de nez bruyants et reniflements glamours... Pourtant on ne peut pas dire que je ne connais pas le dénouement...

Mais depuis que YouTube et les réseaux sociaux existent, mes glandes lacrymales se trouvent encore plus sollicitées. Vous savez: la petite vidéo du matin, la vidéo à la con, qui vous donne le sourire mais aussi vous tire les larmes et foire votre mascara en 2 secondes. Vous avez, au choix, la vidéo animalière avec le petit chat trop cute, ou alors le lion qui retrouve la personne qui l'a élevé après 10 ans et la serre dans ses grosses paluches comme si il l'avait quitté la veille. Ou alors la vidéo du jeune homme qui fait le tour du monde pour retrouver, à l'improviste, sa maman chérie en Inde pour lui annoncer, échographie en main, qu'elle va être grand-mère (merci la Go-pro! nous sommes tous des cinéastes en puissance dorénavant). Il y a les vidéos plus "sérieuses" mais non moins émouvantes sur des thèmes divers et variés: racisme, exclusion...Je passe sur les demandes en mariage plus originales les unes que les autres, les annonces de naissances à venir, les soldats qui rentrent à la maison...Bref là je ne suis plus que liquide et bruits de cochon-dinde. J'en profite pour remercier... ou pas... les copines de partager avec moi des vidéos toujours plus gnangnans mais j'assume ma tendance à la liquéfaction, on ne se refait pas...

Et vous? Vous êtes une pleureuse ou vous savez vous contrôler?

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