Et oui! Ceci est très exceptionnel mais cette semaine je suis une maman sans ses enfants. C'est une parenthèse, je suis une maman "en vacances". Cette semaine, je mets de côté la maman (sauf au moment du coup de téléphone quotidien à ma petite nichée), je serai la femme, la copine, la flâneuse, la rêveuse, la solitaire, la shoppeuse, la dévoreuse de musées, la parisienne! et surtout, ho oui surtout! l'égocentrique ! Avec mon chéri pendant quelques jours, SEULE à d'autres moments, mes petits lutins partis en vacances chez leurs grands-parents, la maman que je suis fait un break, reprend son souffle, pense à elle et à elle seule. Et Dieu que c'est bon!!!

Car mine de rien, ces petits êtres qu'on a espéré longtemps, attendu, porté dans nos entrailles pendant 9 mois, ils prennent de la place, beaucoup de place! Ils nous accaparent, nous sollicitent sans cesse. Bien sûr, on les a voulu. Bien sûr on les aime et on les a aimé avant même qu'ils ne poussent leur premier cri. Mais une semaine sans les lutins - sans obligations professionnelles donc du temps libre - , c'est vraiment toute autre chose, c'est une autre organisation, une autre façon de vivre, une pause dans un emploi du temps rigoureux rythmé par les sorties d'école, les repas à préparer, les lessives à faire tourner, c'est un bol d'air.

Quand le chat n'est pas là, les souris dansent. Et cette semaine, c'est moi (et mon chéri) la souris. Quand les enfants ne sont pas là, tu manges à pas d'heure, des menus un peu bizarres préparés avec les restes de ton frigo. J'ai ouvert mon réfrigérateur, j'y ai aperçu une boîte de 20 oeufs rescapée, esseulée, et j'ai déclaré sans ménagement à mon homme que cette semaine était la semaine de l'omelette! Quoi? Tu n'as pas vu ça à la télé? aux infos? Après la semaine du goût, la semaine de la francophonie, le festival de Cannes... c'est la semaine de l'omelette. Au programme: omelette aux champignons, tortillas, omelette aux knakis (Oui j'ai oublié de préciser qu'il y avait aussi un paquet de knakis qui tenait compagnie à la boîte d'oeufs), omelette aux poivrons... Au pire, ça te rappelle le temps où tu étais étudiant. Ou alors tu vas au resto (ça c'est l'option de quand ton compte en banque ne se porte pas trop mal) et le resto sans enfants, bah voilà quoi, ça n'a rien à voir avec le resto avec enfants... Celui où tu manges, que dis-je tu avales vite fait bien fait ton tartare de boeuf en 5 minutes top chrono parce que la petite dernière braille et n'est pas bien lunée, ou que le grand a envie de faire caca mais "j'aime pas les toilettes du restaurant maman...". J'ai oublié de préciser que quand tu deviens parent, le mot "restaurant" prend plusieurs sens, il y a le restaurant que tu fréquentes avec tes collègues ou tes clients si tu bosses, et puis le restaurant que tu fréquentes en famille, celui qui proposera le plus de divertissements à ta progéniture - au choix: menus avec surprises diverses, crayons de couleurs, jeux extérieurs, ballons colorés, desserts chimiques... (et puis il y a les chaînes de Fast Food bien sûr). Un jour je vous parlerai de cette sortie au restaurant, pendant des vacances en Italie, qui nous a coûté un bras et dont nous n'avons pu goûter que quelques antipasti alors qu'on avait commandé la totale, le serveur ayant eu l'excellente idée de nous placer à côté du buffet et notre fiston d'un an qui aurait bien aimé vider le dit-buffet de toute sa vaisselle fine.

Quand tes enfants ne sont pas là, tu dors BIEN! Tu dors POUR DE VRAI! Pas de réveils intempestifs pour un verre d'eau, un doudou perdu ou un cauchemar à consoler. Tu fais des grasses matinées jusque 8h30. Oui Oui toi qui n'a pas d'enfant, je te vois ricanner derrière ton écran. 8h30 une grasse matinée?! Oui oui ton cerveau est programmé, conditionné, et tu n'as plus le sommeil d'un ado.

Quand tes enfants ne sont pas là, tu regardes ce que tu veux à la télé sans craindre qu'un de tes lutins ne se lève de son lit pour demander à boire, se pointe dans le salon la bouche en coeur et tombe nez à nez avec un zombie de The Walking Dead, par exemple. De plus, pendant la pause publicité, inutile de marcher sur la pointe des pieds pour aller aux WC, rappelle-toi: ils ne dorment pas là! ils ne sont pas dans leur lit! Tu peux même jouer de la cymbale ou de la batterie pendant la publicité, si ça te chante. Comment ça tu n'es pas équipé? Bon soit, passons...

Quand les enfants ne sont pas là, tu fouilles compulsivement le net à la recherche des expos à voir à Paris, parce que Paris, c'est comme le restaurant, sans les enfants c'est une toute autre histoire! Tu ne sais plus où donner de la tête tellement il y a d'expos qui te plaisent, d'évènements qui te bottent, et tu as tellement de retard à rattraper! Tu fais ton itinéraire et là encore, tout est différent. Il est inutile de programmer l'itinéraire avec le moins de correspondances, tu ne seras pas obligée de pester devant l'ascenseur en panne ou l'escalator qui ne fonctionne pas, pas obligée de faire tes yeux de Chat Potté pour qu'une bonne âme t'aide à porter ta poussette dans les escaliers.

Ca y est: tu es en ballade et tu chantonnes "I'm Free" de Steevie Wonder, ou pas... Aujourd'hui, pas de "maman j'ai faim", "j'ai chaud", "j'ai envie de faire pipi", "je suis fatigué", "c'est encore loin?"... Personne ne te fixe avec un air excédé parce que la petite dernière hurle car elle veut descendre de la poussette et s'asseoir sur un strapontin comme son grand frère. Aujourd'hui tu te sens légère. Sans enfant, tu n'es pas obligée de te promener avec l'attirail de Sport Billy: lingettes, couches, petits biscuits, petites bouteilles d'eau... Tu n'es pas obligée d'avoir l'oeil afin que Doudou Lapinou ne prenne pas la poudre d'escampette dans le métro. Tu es seule sans enfant et tu peux faire la queue même une heure si ça te chante, pour entrer visiter l'exposition dont tout le monde cause, sans craindre les foudres (légitimes je te l'accorde) de tes petits bouchons en culottes courtes.

Hoooo je pourrai en remplir des lignes comme ça. Mais si je le fais, c'est parce que ça reste exceptionnel, que mes deux petits chats, je les adore, et que je n'échangerai ma vie de maman pour rien au monde. Que cette semaine sans enfant est un vrai bol d'air mais que Dieu Merci ça ne dure qu'une semaine. Et que le soir, au lieu de jouer des cymbales ou de la batterie, je me rends dans leur chambre, je regarde leurs petits lits vides et je serre fort leurs petits oreillers pour sentir l'odeur de mes deux chatons, me demandant si eux aussi, là-bas, ils pensent un peu à moi.

 

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